N’oubliez pas de lui parler de moi

Lecture musicale de et par Amandine Dhée et SaSo

 

 

 

 

 

Propos:

Deux artistes posent des yeux d’aujourd’hui sur le conflit d’hier, celui qu’on appelle « La Grande Guerre ». Elles tentent de saisir ce qui surgit de cette guerre qu’on dit moderne, et cherchent à évoquer l’humanité qui persiste malgré tout.

« Pour tenir, s’enterrer dans des tranchées pour mourir un peu moins vite.

Vivre avec les animaux qui mangent la peau. Découvrir que la pluie et le froid mordent aussi.

Pour tenir, serrer contre soi la lettre, l’amulette, la bouteille de rhum, la prière.

Leur conférer des pouvoirs magiques qui ne font pas mourir. »

 

Il s’agit d’évoquer ce que la Grande Guerre a de singulier et de rappeler ce qu’elle a de tristement commun avec les autres conflits.

Et puis se poser la question : que signifie être un héros de guerre ?

Les hommes qui reviennent ont des images de morceaux de films qu’ils ne savent ranger nulle part et que le cerveau recrache de temps en temps.

Personne ne parle de névrose de guerre.

Des petits éclats d’obus plantés dans l’âme.

 

A la voix d’Amandine Dhée se mêlent d’autres voix.

Des témoignages sont donnés à entendre, des voix qui se souviennent, mêlant la petite histoire à la grande. Elles rappellent à quel point ce conflit fut collectif.

Mais comment faire sentir la guerre à ceux qui ne l’ont pas connue ?

« Mon père il avait fait la guerre 14. Il en racontait pas à moi, mais il en racontait beaucoup à mon fils. Non à moi il parlait pas, jamais. Il avait peut-être vu trop de choses, ça devait lui rester. Après à la fin, il était à peu près de mon âge de maintenant, je vais avoir 82 ans, quand mon garçon lui parlait, il racontait. »

Les mots et les sons :

Le point de départ de l’écriture de ce spectacle est une résidence itinérante autour des cimetières militaires du Nord-Pas-de-Calais. Amandine Dhée est allé rencontrer des spécialistes de ce conflit, et notamment Annette Becker, ainsi que des gens qu’il a profondément touché. Ainsi, des témoignages, des correspondances épistolaires et des faits historiques se mêlent à la fiction.

La langue d’Amandine est malicieuse et imagée. Malgré la gravité du thème, ses mots résonnent comme des bulles de  tendresse et de candeur. Le propos est d’une justesse troublante, et notamment pour ceux qui ne connaissent pas la guerre : les mots d’Amandine reflètent parfaitement les images mentales des générations d’épargnés.

Des mots d’Amandine Dhée, la musicienne SaSo s’est inspirée pour étendre des tableaux sonores, contrepoints musicaux, tantôt en retenue, en violence ou en poésie. Sa musique est comme une bande-son, comme un arrière-plan des images qui naissent chez le spectateur à l’écoute du texte. Guitare électrique et clavier, notes entremêlées, pour soutenir et illustrer les tempêtes sourdes, les larmes ravalées, les souvenirs du passé.


Représentations à venir de N’oubliez pas de lui parler de moi

07/10/2017
15:00

Espace Animation Jeunesse

606 route d'Arras - Raillencourt Sainte Olle

Les artistes participant à : N’oubliez pas de lui parler de moi

2 réponses

  1. Maxime Truffaut dit :

    Extraits émouvants, hâte de voir et entendre ça à Méricourt !
    Grosses bises
    Maxime

  2. Ghislaine deshaies dit :

    y aura t il un court extrait sur you-tube? puis je commander le texte? mon père a combattu à la 2ème guerre et il n’a jamais voulu en parler…
    le court extrait lu de votre poème me touche…. Ghislaine deshaies, montréal, canada

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