La Femme Brouillon

Lecture musicale par Amandine Dhée et Timothée Couteau

Editions La Contre Allée – Janvier 2017

« Les yeux bouffis, je contemple la photo sur le paquet de céréales. Un couple. Plateau, bouquet de fleurs, jus d’oranges fraîchement pressé. Ils rient. Elle porte la chemise de l’homme. En langue marketing, ça veut dire qu’ ils ont fait l’amour. Qu’ont-ils fait de leur bébé ? Obscène, cette insouciance. Moi, j’ai le cerveau bardé de post-its. Jamais je n’ai été si disponible à quelqu’un. Cette maman est d’une patience infinie. Il faut rassurer le bébé à coup de routine. Je vis au premier degré. »

Ecrivaine et féministe, Amandine Dhée nous livre un éclairage politique sur une expérience intime, sa maternité. Elle évoque cette identité nouvelle avec laquelle elle doit composer sans véritable modèle familial. Enceinte puis jeune mère, l’auteure raconte la norme qu’on tente quotidiennement de lui imposer et sa lutte pour préserver son émancipation : son éveil politique et la création. La maternité lui apparaît comme révélateur d’un discours dominant et institutionnalisé. Elle s’interroge sur la perception de son propre corps, sa sexualité, la répartition des rôles au sein de la famille, la transmission ou encore sur ses propres contradictions… Dans La Femme Brouillon, Amandine Dhée revendique une forme de liberté, celle de ne pas être une mère parfaite : La mère parfaite fait partie des Grands Projets Inutiles à dénoncer absolument.

La femme brouillon apparaît alors comme une revendication, une force.

Ce texte existe aussi sur scène, avec le corps et la voix.

Timothée Couteau armé de son violoncelle, accompagne la voix d’Amandine, digresse, et crée le paysage sonore de « La femme brouillon ».
Complices, Amandine et Timothée se donnent des rendez-vous et s’autorisent à improviser. Ils invitent les spectateurs à créer leurs propres images, et à traverser le texte à leurs côtés.


Les artistes participant à : La Femme Brouillon

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